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Marais de Sougeal

 

Panorama du marais
 
 

Le marais ennoyé
 
 

Vue du marais durant l’été
 
 
Sur les 3500 ha de marais continentaux associés au fonctionnement global de la Baie du Mont Saint-Michel, on estime qu'il ne reste guère plus que 500 ha de réellement fonctionnels. Au regard de ces surfaces, les 175 ha réhabilités du Marais de Sougeal tiennent une place de premier ordre au sein de l'écosystème de la Baie et même au-delà, au sein du réseau régional de zones humides.

A ce titre, le Marais de Sougeal représente un intérêt indéniable en terme d'écologie et d'hydrologie. De plus, d'un point de vue faunistique et floristique, il joue un rôle prépondérant pour certaines espèces à forte valeur patrimoniale.

Ainsi, le marais est reconnu comme étant un site majeur pour la reproduction du brochet, surtout depuis la réalisation de certains aménagements ayant permis de restaurer son bon fonctionnement hydraulique. Si le brochet ne bénéficie pas d'un statut de protection, l'espèce est considérée comme intégratrice et indicatrice de l'état des milieux. A l'échelon régional, la préservation et la restauration de son milieu de vie et de ses habitats est devenue une priorité. Plusieurs programmes de réhabilitation de zones humides sont d'ailleurs en cours, notamment sur la Vilaine. Les actions menées sur le Marais de Sougeal constituent donc un maillon essentiel pour redonner à l'espèce les moyens d'une recolonisation naturelle des cours d'eau.

Par ailleurs, le marais est également largement exploité par les oiseaux d'eau. Cette valeur ornithologique du Marais de Sougeal est étroitement liée à la proximité de la Baie du Mont Saint-Michel dont la valeur pour l'accueil des oiseaux d'eau est reconnue internationalement. Divers travaux menés dans les années 80 ont mis en évidence l'importance des marais continentaux pour l'alimentation des oiseaux d'eau séjournant en période hivernale en Baie du Mont Saint-Michel. Ces derniers sont d'ailleurs considérés comme des maillons indissociables de la baie et participent ainsi à l'attractivité globale du site.

Le Marais de Sougeal figure aujourd'hui au 1er rang des marais exploités par les canards de surface pour le gagnage nocturne (canards colvert, siffleur, pilet, souchet, sarcelle d'hiver). Sa préservation est donc vitale pour satisfaire les exigences de ces espèces durant leur cycle de présence. Au printemps, le marais est recouvert d'eau, ce qui attire des milliers d'oiseaux en étape migratoire. Sougeal devient alors, pour certaines espèces, le principal site de stationnement à l'échelle de la baie (canard pilet et sarcelle d'été). Le canard pilet présente même, sur Sougeal, des effectifs qui dépassent régulièrement les seuils fixés par la convention de Ramsar. Ce qui fait de ce marais un site d'importance international pour cette espèce. Les limicoles (oiseaux qui vivent et se nourrissent sur la vase) sont également bien présents en période migratoire avec des effectifs qui peuvent atteindre plusieurs centaines d'individus lors des vagues de froid. En tout, ce sont près de 60 espèces d'oiseaux d'eau qui fréquentent le Marais de Sougeal durant la printemps. A noter que la cigogne blanche niche de nouveau à proximité et utilise ce site comme zone d'alimentation. Les sites favorables pour la reproduction de ces espèces restent rares à l'échelle régionale. L'intérêt de ce site porte essentiellement sur les périodes hivernale et printanière. En hiver, c'est principalement l'utilisation nocturne du site par les canards de surface qui présente un enjeu fort ; au printemps ce sont surtout les stationnements migratoires d'oiseaux et la reproduction du brochet qui marque le site ; le reste de l'année, l'intérêt du site est nettement moins marqué, même si un potentiel non négligeable reste présent pour la reproduction d'espèces à forte valeur patrimoniale.

Durant cette période estivale, une autre caractéristique donne de la valeur au marais. En effet, alors que de nombreux sites similaires ont été sacrifiés aux exigences de l'agriculture moderne (drainage, remblaiement, mise en culture, ou à l'inverse abandon), le Marais de Sougeal a su conserver son usage traditionnel en pâturage collectif où se côtoient divers animaux (bovins, équins, oies). Si cette pratique reste très marquée dans certaines régions françaises (marais poitevin), elle présente en Bretagne une certaine originalité qu'il convient de mettre en valeur. Par ailleurs, le marais constitue un réel atout pour les agriculteurs de la commune qui y trouvent un site particulièrement favorable pour leurs bêtes (herbe grasse des prairies humides). Ce marais entre donc, encore actuellement, dans le fonctionnement des systèmes agricoles de la commune, ce qui permet son entretien et le maintien de prairies rases, favorables à l’accueil des oiseaux et à la reproduction du Brochet.